Réduction des phytosanitaires

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Présentation et documentations

Ecophyto 2018

Instauré en 2008 à l’issue des travaux du Grenelle de l’Environnement, le plan ECOPHYTO 2018, comporte plus d’une centaine d’actions, réparties en 9 axes, avec pour objectif : réduire de 50%, si possible, l’usage des produits phytosanitaires à l’horizon 2018. Il est piloté par le Ministère de l’Agriculture

Les actions sont réparties en 9 axes stratégiques. L’axe 6 n’est pas développé ici car il concerne les DOM.

Axe 1 : Évaluer les progrès en matière de diminution de l’usage des pesticides Compte tenu de l’objectif ambitieux du Plan Ecophyto ainsi que des moyens conséquents qui y sont consacrés, un suivi précis de ses avancées est en construction. Deux indicateurs de suivi sont d’ores et déjà mis en œuvre.

Le NODU (Nombre de Doses Unité)

Il permet une appréciation de l’évolution de l’intensité du recours aux produits phytosanitaires. Il rapporte la quantité de chaque substance active à une dose « unité » qui lui est propre et permet donc d’apprécier l’intensité du recours aux produits phytopharmaceutiques. Il s’affranchit ainsi d’éventuelles substitutions de substances actives par de nouvelles substances efficaces et utilisées à plus faibles doses.

Le NODU est l’indicateur officiel de suivi général du plan ECOPHYTO. Il sera calculé annuellement à l’échelle nationale et son évolution inter-annuelle interprétée dans le cadre d’une note de suivi.

L’IFT (Indicateur de Fréquence de Traitement) Indicateur calculé à la parcelle, il indique la pression phytosanitaire exercée sur une parcelle. Pour chaque application de produit phytosanitaire, il faut effectuer le calcul suivant :

L’IFT est ensuite égal à la somme des valeurs obtenues pour chaque intervention sur la culture (période d’interculture précédente comprise). Des IFT de référence par culture, déclinés par famille de produits, ont été calculés à partir des enquêtes du SCEES en 2008.

Axe 2 : Recenser et généraliser les systèmes agricoles et les moyens connus permettant de réduire l’utilisation des pesticides en mobilisant l’ensemble des partenaires de la recherche, du développement et du transfert

L’action phare de l’axe 2 est la mise en place d’un dispositif d’acquisition de références et de démonstrations constitué d’exploitations agricoles et de plateformes expérimentales qui vont tester des pratiques économes en intrants.

Ces références produites seront ensuite organisées, mutualisées puis diffusées auprès de tous les partenaires pour étayer leur conseil aux agriculteurs en matière de conduite des cultures économes en produits phytosanitaires.

DEPHY Ecophyto

Ce dispositif dénommé DEPHY Ecophyto est organisé en 5 modules :

  • FERME, un réseau de production de références et de démonstrations constitué d’exploitations agricoles, voir le réseau en Midi-Pyrénées (http://www.mp.chambagri.fr/Les-reseaux-FERME-Ecophyto-en-Midi.html)
  • EXPE, un réseau d’expérimentation sur les systèmes de culture économes en produits phytosanitaires,
  • DECI, un dispositif de développement d’outils d’aide à la décision,
  • BASE, une base de données dédiées à la collecte et la gestion des références expérimentales,
  • GECO, un module de gestion et de partage de connaissances.

Axe 3 : Innover dans la conception et la mise au point des itinéraires techniques et des systèmes de cultures économes en pesticides

Tendre vers l’objectif ambitieux fixé par le plan ECOPHYTO en matière de réduction d’usage des produits phytosanitaires nécessitera bien plus qu’une évolution des pratiques culturales et des systèmes de cultures connus actuellement dans les filières de productions végétales françaises.

Par rapport aux stratégies de protection des cultures actuelles, le recours à des scénarios « de rupture » importants, sera indispensable. La description de ces scénarios, ainsi que les résultats qu’ils permettent d’entrevoir en terme de réduction d’usage des produits phytosanitaires sont présentés dans le cadre de l’étude ECOPHYTO R&D conduite par l’INRA (http://www.inra.fr/l_institut/etudes/ecophyto_r_d/ecophyto_r_d_resultats) et publiée en Janvier 2010. Mais si des voies possibles ont été mises en évidence dans le cadre de cette étude, le chemin de la mise au point de techniques nouvelles, de leur expérimentation, de leur diffusion est encore long. C’est toute l’ambition de cet axe du plan ECOPHYTO que de donner une place importante à la chaîne de l’innovation en impliquant l’ensemble des acteurs du monde de la recherche, du développement et de la formation. Un grand nombre d’actions sont donc envisagées, réparties sur les thèmes suivants :

  • recherche fondamentale sur l’écophysiologie, les processus, les bio-agresseurs émergents, la réduction de la pression parasitaire,
  • recherche sur les variétés : augmenter les résistances variétales, sans diminuer les qualités végétales, ni compromettre la durabilité des modes de production,
  • recherche d’itinéraires innovants économes en intrants. En Midi-Pyrénées, les Chambres d’Agriculture sont engagées dans un projet de recherche-développement sur ce thème. Dénommé MAESTRIA pour Mise Au point et Évaluation de Systèmes de culTuRe économes en Intrants et durAbles, il associe partenaires du développement agricole et de la recherche (EI Purpan / INRA).
  • recherche sur les impacts sanitaires et environnementaux de l’utilisation des pesticides,
  • recherche sur les politiques publiques et les aspects socio-économiques,
  • recherche sur les substances : développer de nouveaux principes actifs de protection des cultures (bio-contrôles notamment) ainsi que des stimulateurs de défense naturelle,
  • recherche technologique sur le matériel et les conditions d’application.

Axe 4 : Former à la réduction et à la sécurisation de l’utilisation des pesticides

La directive cadre utilisation durable des pesticides (DCUP), adoptée le 13 janvier 2009, prévoit que les utilisateurs professionnels, les distributeurs et les conseillers disposent d’un certificat attestant de leurs compétences au regard de l’achat, de l’utilisation, de la distribution ou du conseil de produits phytosanitaires, d’ici 2015.

Le CERTIPHYTO est donc la déclinaison française de ce dispositif, qui s’inscrit dans le cadre de l’axe 4 du plan Ecophyto 2018. Être titulaire du Certiphyto sera ainsi obligatoire en 2015 pour toutes les personnes qui seront amenées, dans le cadre de leur activité professionnelle, à acheter, appliquer, distribuer des produits phytosanitaires ou bien en conseiller leur utilisation. Quatre voies d’accès au Certiphyto sont prévues :

  • Voie A : La validation des acquis académiques
  • Voie B : Le positionnement par questionnaire à choix multiples
  • Voie C : Une formation à la sécurité et aux risques pour l’homme et l’environnement plus un positionnement QCM
  • Voie D : Une formation certifiante de deux jours (voir notre rubrique Vous Former => lien avec NB : ces modalités d’obtention du certiphyto ne peuvent être proposées que par des organismes habilités par le Ministère de l’Agriculture.

Axe 5 : Renforcer les réseaux de surveillance sur les bio-agresseurs et sur les effets non intentionnels de l’utilisation des pesticides

Disposer d’observations territorialisées actualisées et d’une analyse de risque fine de la pression exercée par les bio-agresseurs des espèces végétales cultivées, sont des éléments indispensables à la bonne prise de décision d’une application de produit phytosanitaire.

Grâce à un partenariat fort créé entre 66 structures impliquées dans les filières végétales régionales (Instituts techniques, coopératives, distribution, chambres d’agriculture, FREDEC, administration), ce dispositif permet, toutes les semaines la production d’un nouveau numéro du Bulletin de Santé du Végétal pour chacune des 20 cultures suivies au niveau régional. Le BSV, précurseur d’une préconisation de qualité s’inscrivant dans un objectif de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires tel que fixé par le plan Ecophyto 2018.

La chaîne de "fabrication" du BSV

Les données sont issues :

  • des observations de parcelles de références ou d’isorisques réalisées par les coopératives, les Chambres d’agriculture, les entreprises de négoce, les instituts techniques, la FREDEC,
  • de modèles épidémiologiques construits ou utilisés par les instituts techniques ou la DRAAF
  • des suivis biologiques réalisés par la FREDEC. le Comité de rédaction du BSV est coordonné par un animateur filière et associe un représentant des observateurs « Coopératives », un représentant des observateurs « Chambres d’agriculture », l’organisme en charge des modèles pour la filière concernée, la FREDEC si des suivis biologiques ou des isorisques sont utilisés. Un animateur inter-filière, agent de la Chambre Régionale d’Agriculture, participe également à chaque comité de rédaction pour garantir le respect des règles de fonctionnement du dispositif.

A partir des données précédentes, ce comité élabore régulièrement une analyse du risque épidémiologique transcrite par la suite dans le bulletin de santé du végétal (BSV). Ce document est unique, public et gratuit. Il peut être téléchargé sur le site de la Chambre Régionale d’Agriculture de Midi Pyrénées ou sur le site de la DRAAF.

Des bulletins techniques de préconisations, relevant du domaine concurrentiel, faisant référence à l’analyse de risque issue du BSV, sont ensuite produits par la Chambre d’Agriculture en partenariat avec les instituts techniques.

Axe 7 : Réduire et sécuriser l’usage des produits phytopharmaceutiques en zone non agricole

Les produits phytosanitaires sont majoritairement utilisés par les agriculteurs dans le cadre de leur activité professionnelle. Mais ces substances sont également employées dans des zones non agricoles par les collectivités locales, les jardiniers amateurs, les gestionnaires d’infrastructures (routières, ferroviaires), etc.

Même si le rapport entre les usages non agricoles et agricoles est de 1 à 10, les risques engendrés par ces premiers ne sont pas négligeables (application sur des surfaces imperméables, protection des utilisateurs non professionnels, etc.) et ont justifié des actions spécifiques dans le cadre du plan Ecophyto.

Elles sont inscrites dans cet axe 7 et doivent également concourir à l’atteinte de l’objectif général du plan en matière de réduction d’usage des produits phytosanitaires.

Les principales actions de cet axe 7:

La certification des applicateurs professionnels des collectivités ou en prestation de service.

L’interdiction de vente aux amateurs de produits ne portant pas la mention EAJ : Emploi Autorisé dans les Jardins. La structuration de plateformes d’échange de bonnes pratiques en ZNA : Notamment à partir de la plateforme nationale de conseil technique et d’expérimentation sur les espaces verts au service des collectivités territoriales Plante & Cité. Un site web dédié a été construit : www.ecophytozna-pro.frFormer les gestionnaires d’espaces verts en zone non agricole, aux méthodes alternatives disponibles, à la modification du type de végétaux plantés, à la nécessité d’une meilleure gestion des pesticides.

Axe 8 : Organiser le suivi national du plan et sa déclinaison territoriale, et communiquer sur la réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques

Les enjeux de cet axe sont d’organiser une gouvernance efficace et de communiquer vers l’ensemble des acteurs sur la mise en œuvre du plan Ecophyto 2018.

Une animation régionale est prévue, permettant l’appropriation du plan par les acteurs locaux. Elle s’appuie sur un Comité Régional d’Orientation et de Suivi (CROS), instance décisionnelle présidée par le Préfet de Région et rassemblant l’ensemble des parties prenantes (administrations, représentants de la profession agricole, associations de défense des consommateurs et de l’environnement, collectivités, agence régionale de santé, etc.). Ce comité à vocation à maintenir une cohérence globale de la mise en œuvre du plan en région, permettre la concertation entre les parties prenantes et organiser la diffusion de l’information. Le CROS s’appuie sur des groupes de travail techniques adaptés, chargés de la formulation de propositions opérationnelles ainsi que sur le Comité Régional d’Epidémiosurveillance pour le pilotage spécifique du dispositif de Surveillance Biologique du Territoire (voir Axe 5) Dans chaque DRAAF, un chef de projet Ecophyto a été désigné pour organiser le pilotage régional du plan. En complément, un animateur Ecophyto est chargé, dans chaque Chambre Régionale d’Agriculture, de contribuer à la mise en œuvre régionale du plan en participant au bon fonctionnement du CROS et de ses groupes de travail. Il œuvre aussi à favoriser la communication auprès des professionnels.

Axe 9 : Sécurité de l’utilisateur

Un neuvième axe du plan Ecophyto a été créé à l’automne 2010, relatif à la prévention des risques professionnels lors de l’utilisation des produits phytosanitaires.

Panorama des actions envisagées dans le cadre de l’axe 9 :

  • Améliorer le parc de matériel agricole dans un objectif de sécurité de l’utilisateur, Inciter au développement des règles d’hygiène (nettoyage des matériels contaminés, lavage des mains, douche).
  • Accompagner le développement des zones de préparation et d’incorporation des pesticides dans les exploitations.
  • Accompagner la recherche et le développement de contenants plus ergonomiques et plus adaptés.
  • Améliorer les équipements de protection de l’utilisateur.
  • Saisir l’ANSES sur la possibilité de déterminer des catégories homogènes de pesticides afin de faire correspondre des catégories d’EPI à recommander.
  • Renforcer la surveillance épidémiologique de la population générale et de la population exposée à des risques connus.
  • Homogénéiser les protocoles de surveillance et d’études.